CHAPITRE II
La porte s’ouvre doucement, un homme grand, déjà vêtu pour la scène, entre doucement, c’est Robert le baryton-basse, il interprète le rôle de Golaud dans l’Opéra
Un coup d’oeil circulaire, : »ouf ! seul , je vais pouvoir répéter tranquillement »
Il chante :
-je ne pourrais plus sortir de cette forêt… » …
Jolie Jude, réveillée, apeurée se laisse glisser du divan sur le sol, espérant passer inaperçue.
« Oh ! Oh ! qui a-t-il au bord de l’eau ? Une petite fille qui pleure au bord de l’eau » …
Pris au jeu, Roland continue à chanter en s’approchant de la jeune fille. Il se penche avec un sourire, « Ne me touchez ps, ne me touchez pas ! « souffle Jolie-Jude d’une voix étouffée.
Il chante toujours :« N’ayez pas peur, je ne vous ferais pas… « Oh que vous êtes belle ! »
« Ne me touchez pas », répète Jude….
Et réalisant qu’elle ré ète les paroles de Mélisande dans l’Opéra, sourit. Robert lui tend la main et éclate d ‘un grand rire – « Ah j’ai trouvé ma Mélisande.
« Vous êtes vraiment belle…. Que faîtes-vous ici… « vous vous êtes perdue vous aussi » continue-t-il à chanter.
Ces voiles vous vont bien… hum ! mais vous êtes un peu nue, dites-moi. Vous avez dormi ici ? Vous devez avoir froid »
Il lui prend doucement la main, et fermement l’entraîne jusqu’à sa loge en suivant un dédale de couloirs.
Elle a ramassé au passage sa robe courte et ses escarpins noirs.
Galant, tout en observant son joli corps, il lui offre un café.
Elle rassemble ses voiles sur elle, et le remercie du regard, un peu effrontée.
C’est un grand bel homme, il a un sourire généreux,
Elle se pelotonne dans le grand siège, il s’assied à côté d’elle, prend ses petits pieds dans ses grandes mains « mais ils sont glacés » et remonte le long de ses jambes. d’un geste doux et connaisseur.
- Oh non, murmure-t-elle, pas maintenant
- Mais c’est presque une promesse.
Il a un regard de velours sur ses petits seins, Il chuchote, « qu’est-ce que tu faisais là -haut » - « J’ai toujours rêvé d’être Mélisande, j’aime cet Opéra…. Je ne vous ai pas encore entendu chanter, mais je crois que vous devez être un bon Golaud »
Il rit « petite flatteuse, tu me plais, tu peux rester là jusqu’à ce soir , je dois descendre pour la « couturière »
Se redressant avec une certaine vanité : ‘Il me va bien ce costume ? »
Jolie Jude, rit, « vous êtes très beau » dit-elle avec malice.
Il est parti. S’enveloppant de la vaste robe de chambre rouge, elle fait le tour de la belle pièce. Il a dû apporter des objets personnels, un cadre avec la photo d’un jeune garçon,
Un gros bouquet de roses rouges (hum, une admiratrice passionnée), elle déplace les pots de maquillage, les flacons de parfums, s’en met dans le cou (elle aime les parfums d’homme, ils sont virils peu « sucrés e t fleuris » et un légèrement enivrée, joue avec une belle écharpe, blanche.
Soudain, avec un sourire malicieux elle s’habille rapidement remet ses escarpins noirs, se glisse dans sa robe très ajustée qui la moule si délicieusement, et enveloppée de la douce étole, dévale le petit escalier abrupte.
O.
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