Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /2009 16:06


"pour les grands"



                                       photo Jackie Foumiès   http://jifou.over-blog.com/

Sylve et ce parc, c’était une histoire d’amour...

Tous les jours elle y venait; vite et pressée, ou légère et bientôt alanguie… il était sa source, son reflet, son ventre.

L’ombre, à peine, dans les folles couleurs du bosquet, vit la blanche et belle rousse laisser aller sa lecture au bout de son bras, laisser aller son corps et sa flamboyance tout contre l’arrondi, l’alcôve du tout fin arbre jaune.

Elle fermait les yeux, s’abandonnait au doux fourreau de soleil qui enfermait la toute petite clairière sur elle-même.

Ses jambes glissèrent de chaque côté du tronc mince et ferme; le livre rouge se referma doucement sur l’herbe.

Sylve emmêla ses doigts libres dans ses cheveux, les caressa, les lissa; et puis les doigts se faufilèrent sous sa nuque, derrière ses minuscules oreilles toutes ourlées de tendre.

L’homme ombre en eut un long frisson électrique.

Et la main de cette féminité si belle, si pure et si offerte, glissa du bout des doigts sur son cou; défit un à un les trois boutons qui fermaient sa robe devant… et son corps, blanc, crémeux, à peine brûlée d’un voile pâle de taches de son, inonda la clairière.

le sexe offert était comme le reste de sa peau: un duvet de soie blanche.

Inonda le corps brûlant de l’homme.

Sylve caressait ses petits seins durs; ses lèvres rouges s’ouvraient à peine, murmuraient un gémissement lourd de désir en peine.

L’ombre ne put s’empêcher de remuer ce désir déjà en lui… et cela fit comme un crissement d’alerte dans le feuillage qui le cachait.

Les mains de la jeune-fille se crispèrent sur ses seins. Elle tourna la tête vers ce bruit inhabituel, mais ne vit rien qu’un souffle de branches d’or et de cuivre.

Sylve soupira. Ses mains lissèrent le nacre de sa peau jusqu’à chercher les pans de sa robe qu’elle referma comme à regret.

Le charme était rompu. Le rêve cisaillé.

La clairière n’était plus qu’un spot light de soleil couchant

Elle, n’était plus qu’un frémissement inassouvi.

Sylve ramassa le livre, le sac, les chaussures rouges, et quitta sans un regard son arbre et le jour et le parc.

Et la main de cette féminité si belle, si pure et si offerte, glissa du bout des doigts sur son cou; défit un à un les trois boutons qui fermaient sa robe devant… et son corps, blanc, crémeux, à peine brûlée d’un voile pâle de taches de son inonda la clairière.

Inonda le corps brûlant de l’homme.

Et le sexe offert était comme le reste de sa peau: un duvet de soie blanche.

Ut

 

 

 

 

 

 


Dès la première page, Sylve la rousse, le visage sage et studieux , s’arrête sur sa lecture :

 « de toutes les théophanies, en est-il une plus déconcertante que celle où la divinité se propose et se dérobe aux hommes sous les appâts de la vierge éclatante et meurtrière »

Elle relève le visage pour réfléchir, et à la suite de son geste, ses jambes en équilibre instable,glissent de chaque côté du petit tronc.

Le contact brusque  avec le bois lisse, un peu moussu, fait naître en elle une onde de plaisir connu mais inattendu. Elle sent les lèvres de son sexe gonfler, et s’écarter pour libérer le petit fruit rouge.

Presque inconsciemment elle se balance légèrement attisant cette flamme qui l’envahit,

Elle a une petite  plainte comme une mélopée, modulée en OoH ! Ooh ! rejette la tête en arrière, de ses deux mains caresse la branche, devenue vivante, lui murmure « encore, encore » !

Cela dure, ses jambes perdent toutes forces, elle caresse de ses mains fines l’intérieur de ses cuisses, ses doigts montent vers le foyer du plaisir, prolongeant la sensation de n’être plus qu’une flamme de jouir.

 

Elle croit entendre un petit bruit, comme un déclic, mais elle ne veut pas quitter cet instant fébrile et n’ouvre pas les yeux.

Pourtant un bruit de feuillages  froissés  révèle une présence.

Toute frissonnante encore, elle dirige son regard alangui vers les bosquets qui se referment en silence.

En soupirant, elle reprend son livre....

et si c'était Actéon ?

O.


Par O. - Publié dans : Au jardin des délices - Communauté : Les beaux mots
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