Vendredi 20 novembre 2009
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La serre aux nénuphars
Aujourd’hui Sylve la rousse, Sylve la belle, visite dans les serres. Il y
en a trois, sur la droite du Parc. Tout en se promenant de son pas dansant et insolent entre les massifs de roses rares, sous les arbres exotiques, elle se dirige vers la plus
petite.
Elle a une idée en tête. Aujourd’hui il fait trop chaud, une chaleur lourde à se
promener toute nue, et surtout un bain !!!! comme Diane la déesse belle et libre qui se baignait toujours à l’abri des regards entourée de ses nymphes.
De nymphes point, mais une source ou un étang à l’abri des regards, elle sait où
les trouver.
Sylve la rousse pousse la lourde porte métallique et vitrée, se déchausse déjà,
et court sur la pointe des pieds, caressant au passage d’un regard troublé les fleurs au pistil étrange, dressé au milieu d’étamines offertes à sa semence.
Cette pensée la fait rire aux éclats, pas d’échos ? Elle semble
seule….
Voici le petit étang au nénuphars, les feuilles sombres larges comme des
assiettes , les fleurs dressées dans leur pâleur transparente.
Elle laisse glisser sa robe légère et sans hésiter se glisse dans l’eau verte et
sombre.
Troublante Ophélie aux cheveux de feu, elle se laisse
flotter......
Un bruit léger, un pas !
Sylve glisse sous l’eau en retenant sa respiration, elle n’a pas le temps de
fuir.
L’homme au leica est là, il règle son appareil avec minutie en se penchant, un
déclic….
« Oh ! » il vient d’apercevoir un visage aux yeux grands ouverts
qui le regardent avec un peu d’inquiétude, il voit battre les paupières, quelques bulles monter à la surface.
Aussitôt il enjambe le rebord et prend Sylve dans ses bras. Haletante, elle
murmure entre deux goulées d’air, « vous auriez pu faire votre photo plus vite »
Il rit, l’emporte toutes ruisselantes jusqu’à un bosquet, enlève sa chemise et la
pose sur elle. Sylve le regarde en riant, insolente, «vous êtes trempé aussi»
Ils sont là maintenant, nus tous deux, le regard fasciné l’un par l’autre. Il
s’assied, elle appuie sa poitrine glacée contre la sienne, leurs jambes se mêlent, leurs bouches se joignent.
Tête renversée sur le banc, elle attire cet homme tendre et dur, ils restent
ainsi unis l’un à l’autre dans un silence troublant .
Commence un léger mouvement, qu’elle accompagne avec douceur, Elle sent pour la
première fois son corps durcir et s’ouvrir, et ce ne sont plus que deux corps à la dérive qui s’unissent sans un mot et se rejoignent dans un éblouissement au jardin des
délices
O.
Pour "CONNIVENCES" où vous trouverez également le
texte de UT sur la belle Sylve
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